GESS 2013: Résumés des contributions "Performance"

Cette table ronde animée par Pascale Château-Terrisse et Bertrand Valiorgue a comporté huit communications, dont voici les résumés.

  •  L’entrepreneuriat social des étudiants, l’exemple d’ENACTUS France

Laurice ALEXANDRE-LECLAIR
Université Paris-Descartes, France
Cet article a pour objectif de discuter des compétences entrepreneuriales des étudiants dans le cadre du programme ENACTUS qui accompagne les étudiants sur des projets d’entrepreneuriat social. D’après notre recherche, les compétences acquises ou à acquérir sont d’ordre personnel et professionnel. Les compétences personnelles détectées sont: le travail d’équipe, la créativité, développer son esprit critique, savoir prendre des risques, savoir développer et entretenir son réseau, faire preuve de persévérance ou encore développer le goût du challenge. Quant aux compétences professionnelles : manager une équipe, planifier un projet, nouer des partenariats, évaluer un projet et mesurer ses impacts, apprendre à entreprendre.

  • Comment se déroule l’action des entreprises sociales et solidaires ? Quelles modalités d’action collective ?

Thibault CUENOUD
France Business School, Campus de Poitiers, France
Les acteurs de l’ESS se sont historiquement développés en réseau afin de partager et de mutualiser leurs pratiques. Ces différents processus d’action collective leurs ont permis d’impulser des dynamiques pour répondre aux défis sociétaux du moment. La création des CRESS reflète en quelque sorte les enjeux sociétaux contemporains de l’ESS, d’une dynamique localisée et spécifique vers un besoin de mutualisation et de représentation dans son ensemble. Nous assistons de nouveau à une évolution de la configuration de ces instances, notamment avec la loi cadre de l’ESS. Indéniablement, de nouvelles façons d’envisager le rôle sociétal de chacun va se poser, orientant vers un besoin d’innovation sociale pour y répondre favorablement.

  • Les obstacles à la Reprise d’Entreprise en SCOP (RES) : le cas d’Intercop

Guillaume DELALIEUX, Maud GREGOIRE
Sciences Po Lille, France
Cet article propose de faire ressortir les principaux obstacles qui se sont dressés face au projet de Reprise en Scop (RES) par les salariés après un dépôt de bilan en utilisant la méthode de l’étude de cas. Dans le cas d'Intercoop ici présenté, ces obstacles se sont révélés être de 3 types : informationnels, dynamique de groupe, financiers. La RES reste encore assez méconnue en particulier des salariés, mais aussi de la part de certains administrateurs judiciaires. Ce déficit d'information ralentit le démarrage de ce type de projet et de ce fait la qualité des conditions dans lesquelles le projet peut se réaliser. La dynamique de groupe de type entrepreneuriale nécessaire au montage d'un projet de RES semble peu compatible avec les habitudes et routines que les salariés ont pu développer dans des organisations de type entreprises privées où priment l'obéissance à la hiérarchie et une division du travail poussée. Enfin, en matière d'accès au financement, le fait que le soutien financier aux RES par les banques de l'ESS soit conditionné à un accord préalable des banques traditionnelles, dont émane une forme de méfiance à l'égard de cette solution alternative. 

  • L’éthique mutualiste est-elle soluble dans le New Public Management ?

Florent GIORDANO, Joan LE GOFF, Denis MALHERBE
IAE Tours, Université François Rabelais, France Business School, France.
Cette recherche s’intéresse à la diffusion du discours du New Public Management (NPM) vers des acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) qui disposent d’une identité historiquement affirmée, les mutuelles. Il s’agit de comprendre comment les valeurs du NPM se sont diffusées dans la sphère mutualiste, à quel degré et avec quelle incidence. Pour tenter de répondre à cette question, une étude de cas longitudinale a été conduite, focalisée sur l’analyse du discours au cœur d’une unité régionale de la mutualité. Les résultats montrent à la fois une pénétration du NPM et une instrumentalisation de l’ESS.

  • Changement et critique interne aux organisations

Stéphane JAUMIER
Grenoble Ecole de Management, France
La littérature consacrée à la démocratie organisationnelle est marquée par la théorie de la dégénérescence, à savoir la difficulté pour les organisations démocratiques de maintenir sur la durée leurs caractéristiques égalitaires. Dans cette optique, l’étude des coopératives a notamment révélé comment des formes de pouvoir tendent à s’y recréer, parfois plus nocives encore que dans les entreprises classiques, dans la mesure où elles sont cette fois affranchies des formes de médiation propres à ces dernières. A contre-courant de ce constat, la présente étude cherche à travers un travail ethnographique mené au sein d’une SCOP à mettre en évidence les formes de résistance quotidiennes déployées par les coopérateurs afin d’éviter que se constituent des formes de domination menaçant le fonctionnement démocratique de l’organisation. Quatre formes de résistance sont en particulier mises en évidence par l’étude : une exigence de transparence permanente, la dévalorisation des fonctions-clefs de l’organisation, le cynisme vis-à-vis des instances de gouvernance, et enfin la mise à distance des outils de gestion.

  • La SCOP et la notion de performance globale : Etude du cas MATELOC

Christophe MAUREL, François PANTIN
Université du Mans, France Business School, campus de Tours, France
Cette recherche a pour objet d’approfondir le concept de performance globale, dans le contexte des SCOP, afin de mettre en évidence le caractère spécifique ou non de la notion de performance pour une structure coopérative. Dans cette optique, il s’agira d’observer et d’identifier les pratiques et outils de gestion - spécifiques ou non - dédiés à ce type particulier d’entreprises du champ de l’Economie Sociale et Solidaire, par l’intermédiaire de la méthode des cas. En l’occurrence, la société coopérative MATELOC, prestataire de service pour les entreprises du Bâtiment, des Travaux Publics et de l'Industrie - domaine d’activité statistiquement prépondérant pour les SCOP - servira de socle à notre étude. Au travers de ce cas exemplaire, nous montrons que la performance globale n’est pas totalement intégrée puisque les dimensions économique et sociale sont pilotées ensemble, mais la dimension environnementale vient ponctuellement en complément.

  • Performance des entreprises à vocation sociale : représentations et pilotage par les comptes de surplus de productivité

Romaric NKOK, Daniel LEROY
IAE de Tours, Université François Rabelais, Tours, France
Depuis une vingtaine d’années, l’entrepreneuriat social fait l’objet d’un véritable engouement qui découle de son caractère novateur dans le traitement de problèmes sociaux de plus en plus complexes. En se servant de la notion d’entreprise économique à vocation sociale pour appréhender la complexité de ce phénomène, nous voulons caractériser les organisations d’entreprises sociales comme système dynamique non linéaire soumis à une tension perpétuelle entre l’économique et le social. En mobilisant l’approche des comptes de surplus, nous voulons dépasser les logiques traditionnelles de réductions de coûts pour aller vers une analyse socio-économique de la performance des organisations mis en place par les entrepreneurs sociaux

  • L’articulation de la tension générique - spécifique dans la mise en place d’un dispositif de gestion des compétences au sein d’un réseau territorial d’organisations

Julien MAISONASSE
Université Aix-Marseille, France
Traditionnellement, les organisations de l’économie sociale et solidaire s’appuyaient sur des logiques sectorielles et/ou de fédérations pour les accompagner dans la mise en place de nouveaux dispositifs de gestion. Désormais, nous pouvons observer l’émergence de logique territoriale à travers le développement, encouragé par les pouvoirs publics, de réseaux territoriaux d’organisations. Le Pôle Services à la Personne est un réseau de ce type présent en région Provence-Alpes-Côte d’Azur et regroupant des structures du secteur des services à la personne. Il accompagne ses membres dans la mise en place d’une gestion des compétences à travers le dispositif « Ateliers d la compétence ». L’objet de cette communication est d’analyser la manière dont il articule la tension générique – spécifique dans la mise en place d’un dispositif de gestion des compétences. Nous appuyons notre analyse sur le cadre théorique de l’Économie de la Proximité.

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