GESS 2015 : Résumé des communications de l'atelier "Tensions et stratégie"

Peut-on manager les tensions paradoxales temporelles du projet associatif ?

Marie-Laure LE BERRIGAUD,

Doctorante,Laboratoire d’Economie d’Orléans (UMR 7322), Université Orléans.

« L’association est indissociable d’un projet collectif déterminé par ses membres » (Laville, 2013). Que se passe-t-il lorsque le projet devient obsolète ? La présente communication s’attache d’abord à définir le projet associatif. Ce faisant, nous mettrons en évidence l’existence d’un paradoxe temporel à l’intérieur même du projet. Ensuite, en prenant appui sur une étude de cas longitudinale, nous ouvrons des pistes de réflexion quant à la manière dont ce paradoxe peut-être managé en fonction du niveau d’obsolescence du projet afin redonner du sens à l’organisation.

Les SCOP, quels comportements en matière de RSE face aux problématiques et doléances sociétales ?

François Pantin

Maître de Conférences HDR, Université du Maine, GAINS-ARGUMans

Christophe Maurel

Maître de Conférences, Université du Maine, GAINS-ARGUMans

Alors que leur environnement et leur réseau national les poussent à développer des démarches de responsabilité sociale (RSE), les sociétés coopératives et participatives (SCOP) peuvent adopter des pratiques personnalisées. En étudiant les démarches volontaires de quatre SCOP, nous montrons que les pratiques en matière de RSE s'insèrent dans un discours commun mais illustrent des modalités d'application diverses. La mise en évidence de tensions, entre discours et pratiques de RSE d’une part et entre l'absence de cadre des démarches RSE et la formalisation des pratiques d’autre part, permet en conclusion de tracer les traits caractéristiques du comportement RSE d'une SCOP.

Les tensions paradoxales au cœur des difficultés du processus de transmission d’une entreprise en scop : une étude de cas caractéristique.

Thierry Jolivet

Professeur des universités, Université du Maine (IUT), Laboratoire de recherche GAINS-Argumans.

Marie-Christine Barbot-Grizzo

Maître de Conférences, Université du Maine, Laboratoire de recherche GAINS-Argumans.

La transmission des entreprises en SCOP est un enjeu réel pour le secteur de l’économie sociale et solidaire. En analysant un cas en cours de transmission à l’aide du concept de « tensions paradoxales », nous montrons que les comportements des acteurs sont à l’origine d’un nœud de tensions que le passage en SCOP a révélé et qui bloque le processus de transmission. En nous appuyant sur le modèle développé par Smith et Lewis (2011), les conditions d’un dépassement des paradoxes de la situation permettant d’envisager une gestion positive des tensions mises en évidence sont examinées.

Trajectoire des modèles d’affaires de l’ESS et management des paradoxes

Sonia ADAM-LEDUNOIS

Université de Rouen – IAE de Rouen – NIMEC (EA969)

Emilie CANET

Université Paris Dauphine - DRM / M-Lab (UMR CNRS 7088)

Sébastien DAMART

Université Paris Dauphine - DRM / M-Lab (UMR CNRS 7088)

Les organisations dans le champ de l’innovation sociale se caractérisent par des dilemmes et contradictions. Leurs business model (BM) sont spécifiques : ils résultent de compromis parfois difficiles à soutenir et sont construits sur des situations paradoxales. Nous faisons l’hypothèse que l’évolution du business model est en partie le résultat de paradoxes et conflits entre l’utilité sociale et la performance économique auxquels l’entrepreneur doit faire face. Nous utilisons le concept de stress éthique et de paradoxe organisationnel pour analyser un cas : la trajectoire d’une entreprise qui ne se situait pas initialement dans le champ de l’ESS. Face à certaines tensions entre la nature de son activité, les valeurs de l’entrepreneur et le BM initial, l’entreprise a progressivement basculé vers le champ de l’ESS. Nous analysons cette trajectoire et proposons une manière de l’expliquer à partir des situations paradoxales qui provoquent des ruptures successives dans le BM.

Copyright PAP SCIC © 2014. Tous les droits sont reserves.