GESS 2013 : Résumé des communications "Gouvernance"

La table ronde gouvernance a été animée par Pascale Château-Terrisse et Bertrand Valiorgue autour de six communications.

  • Dans l’intimité des relations entre gouvernance et management : l’étude d’une Coopérative d’Activité et d’Emploi

Frédérique ALLARD, Pascale AMANS, Ketty BRAVO-BOUYSSY, Stéphanie LOUP
Université Toulouse III, France
Acteur de l’accompagnement entrepreneurial, vecteur d’un entrepreneuriat collectif et coopératif, une coopérative d’activité et d’emploi présente un système de gouvernance particulier. Son investigation, soutenue par une étude de cas, éclaire les logiques à l’oeuvre, les leviers actionnés comme la vulnérabilité de la gouvernance participative. Elle contribue ainsi à sortir de l’ombre la réalité encore méconnue du fonctionnement de cette forme atypique de coopérative

  • L’idéal coopératif : une condition de la démocratie économique

Thierry BRUGVIN
Largotec, France
D’un point de vue philosophique la démocratie dans les coopératives suppose que chaque travailleur soit aussi sociétaire (c'est à dire propriétaire) et ne dispose pas de plus d’une voix. Mais au plan juridique cette règle n’est pas toujours respectée dans les Scops et encore moins dans les coopératives d’usagers (les mutuelles d’assurances ou de banques) puisque la majorité des sociétaires ne sont pas travailleurs. Ainsi, dans les mutuelles en particulier, les usagers-sociétaires se désintéressent majoritairement de leur droit de vote et les directeurs prennent les commandes au détriment des usagers et des salariés.

  • Etude de la nature des pactes d’actionnaires dans deux fonds de capital-risque solidaire : une discussion sur la pertinence du cadre théorique de la relation d’agence

Pascale CHÂTEAU-TERRISSE
Université Paris-Est, IRG, France
Cette présentation vise à étudier le pacte d’actionnaire dans deux organisations de capital-risque solidaire. Elle interroge la nature de cet outil dans le contexte spécifique de la finance solidaire et discute la pertinence du cadre théorique de l’agence. Le cadre théorique de l’agence est-il pertinent pour étudier les pactes d’actionnaires dans le capital-risque solidaire ? La littérature sur les pactes d’actionnaires dans le capital-risque exploite le cadre théorique de l’agence sur deux postulats principaux : les fonds et les cibles n’ont pas les mêmes intérêts et possèdent une rationalité économique (Davis et al., 1997, Arthurs et Busenitz, 2003). D’une manière large, la rationalité décrit le processus mental qui tente de maîtriser la réalité (Redmond, 2004) et d’ajuster les moyens aux fins (Townley, 2002). Elle se reflète dans les relations entre les fins et le moyens données par les organisations dans leur gestion et qui permettent de justifier leurs actions (Friedland et Alford, 1991; Bacharach et al. , 1997). Steier (2003) oppose rationalité économique et rationalité altruiste dans les fonds de capital-risque. La rationalité économique serait exprimée lorsque les fins organisationnelles sont essentiellement financières et monétaires alors que la rationalité altruiste met en avant des fins sociales et d’aide aux entrepreneurs financés.

  • Etude de la relation managériale dans le secteur associatif : une approche située

Eric DELAVALLEE, Nathalie RAULET-CROSET
IAE Paris, Université Paris 1, France
Cette recherche porte sur la relation managériale dans le secteur associatif. A partir d'une analyse de contenu d'entretiens auprès de managers, nous mettons en lumière les tensions auxquelles les managers doivent faire face et la nature des ressources qu'ils privilégient. Nous montrons que les managers de notre échantillon construisent une relation managériale spécifique, en termes de légitimité et de leviers d'action.

  • Jalons pour une théorie de l’alter-gouvernance

Xavier HOLLANDTS, Bertrand VALIORGUE
France Business School, Campus de Clermont-Ferrand, France
La Scop Euclid est appréhendée à partir de la théorie des organisations hybrides et du travail institutionnel. La théorie des organisations hybrides est une branche bien spécifique dans la mouvance institutionnaliste. Il s’agit d’un cadre d’analyse qui s’intéresse spécifiquement à des organisations qui sont traversées par des logiques institutionnelles hétérogènes et dans certains cas antinomiques. L’exemple du travail temporaire d’insertion est un bon exemple d’une organisation hybride. Il est important de souligner que ces organisations ont peu de soutiens externes à l’intérieur du champ organisationnel pour faire cohabiter les logiques institutionnelles. Elles accomplissent alors en permanence ce que les auteurs nomment un ‘travail institutionnel’ afin de faire tenir les logiques dans l’organisation et maintenir l’intégrité de cette dernière. Les Scop comme Euclid doivent faire cohabiter trois grandes logiques institutionnelles : la démocratie, la concurrence, l’efficacité.  Elles sont donc engagées dans un travail institutionnel permanent. Nous éclairons ce processus de cohabitation à un moment très précis du fonctionnement d’une Scop l’intégration des nouveaux entrants. Plus précisément, nous regardons le travail institutionnel accompli autour des nouvelles recrues pour s’assurer que ces dernières soient en phase avec les valeurs et pratiques de l’organisation.

GESS 2013 : Résumé des communications "Autour de l'hybridation"

Cette table ronde a été animée conjointement par Amina Bécheur et Pénélope Codello, elle a traité de l'hybridation des structures de l'ESS.

  •  Manager l’innovation sociale : les caractéristiques du contrôle organisationnel de la SCIC Ôkhra

Mathieu BARROIS, Pénélope CODELLO-GUIJARRO
SCIC Ôkhra, Université Paris-Est, France
L’innovation sociale fait l’objet de nombreux travaux pour la qualifier, en cerner les contours (Cloutier, 2003).  Cependant, peu de travaux donnent d’indications sur les modalités de son pilotage ni entrent dans la boîte noire du fonctionnement des organisations qui créent et développent de l’innovation sociale. Pour ce faire, nous nous proposons de réfléchir à la (ou aux formes) de management de l’innovation sociale et ce, en nous appuyant sur la perspective d’Eve Chiapello selon laquelle la question du contrôle organisationnel constitue le cœur du système managérial. Comme elle,  nous considérons le contrôle organisationnel comme « toute influence créatrice d’ordre » (Chiapello, ). Cette définition peu orthodoxe du contrôle nous semble tout à fait opérante dans un contexte d’innovation sociale dans la mesure où la création de désordre, par la remise en question des normes établies par exemple, constitue un des moyens de la transformation sociale visée. Le contrôle organisationnel n’est donc plus seulement un moyen de maîtriser le réel mais réside aussi dans sa capacité paradoxale à créer de l’irréel ou tout du moins les conditions de l’innovation sociale. Quels sont alors les mécanismes du contrôle organisationnel qui permettent de créer de l’innovation sociale ? de répondre aux trois dimensions centrales de l’innovation sociale : réponse à un besoin social non satisfait, générant des externalités positives (sur son territoire par exemple), par l’empowerment et l’implication des acteurs et dans une logique de prise de risque. En effet, à travers les 6 dimensions du contrôle organisationnel repérées par Chiapello, nous pouvons proposer de qualifier les mécanismes centraux du contrôle adaptés à la création de l’innovation sociale. Nous appuierons notre démonstration théorique sur l’analyse du cas ôkhra. Après avoir qualifié l’innovation sociale développée par cette entreprise, nous verrons les mécanismes du contrôle organisationnel notamment à travers le modèle socio-économique de l’entreprise basé sur la notion d’économuséologie ainsi que sur les modalités de gouvernance toute particulière et propre aux Sociétés Coopératives d’Intérêt Collectif (scic).

  • Le commerce équitable transforme-t-il  les techniques marketing ? Etude de la SCIC Artisans du Monde Paris 9

Amina BECHEUR, Hajar EL KARMOUNI
Université Paris-Est, France
Nous étudions la politique commerciale de la boutique Artisans du Monde (une SCIC avec un membre fondateur principal l’Association des amis d’Artisans du Monde). En réponse à la question centrale de la recherche « les pratiques des acteurs du CE renouvellent-elles les modèles marketing de gestion de la relation commerciale ? », les résultats nous conduisent à faire émerger les principes d’une démarche marketing du point de vente adaptée à une boutique de commerce équitable. Si l’on ne peut parler d’appropriation des dispositifs marketing conventionnels, la boutique est néanmoins porteuse d’une approche client originale dont le composant majeur est la convivialité, impensé jusque-là à notre connaissance du marketing des services et du marketing relationnel. La convivialité se rapproche du concept d’hospitalité (Cova, 2010) par opposition à la notion d’accueil client qui suppose attitudes prescrites et organisation dans l’espace. Elle est le fruit d’une collaboration symétrique, d’une participation active à la fois, du vendeur-bénévole qui occupe une fonction symbolique de lien entre les consommateurs et les producteurs mais également entre les expériences individuelles autour des produits, et du consommateur qui doit mettre en jeu un ensemble de ressources afin d’activer ce rôle de vecteur de liens du vendeur. En ce sens, la convivialité est une forme spécifique de co-création de valeur (Vargo et Lush, 2004) n’exigeant pas de contreparties particulières de la part du client ou dans tous les cas optionnelles (ex. : acheter des produits à chaque passage dans la boutique).

  • L’ESS : des statuts anciens, une approche nouvelle en Tunisie

Rabeb BEN ABDALLAH
Université Paris-Est, France
Depuis les années 2000, des mouvements sociaux en Tunisie font prendre conscience de situations de fortes discriminations et d’importantes inégalités sociales. Ces éléments constituent des indicateurs du malaise économique et social au pays. C’est dans ce contexte que des organisations se revendiquent de l’économie sociale et solidaire se positionnent pour montrer leur force de développement socio-économique. L’objectif de cette communication est d’étudier comment se construit le champ de l’ESS en Tunisie. Nous concluons que l’obstacle primordial auquel s’affronte ce champ est l’absence d’un cadre juridique et d’une loi spécifique. Une lecture exploratoire du champ nous permet de dresser une cartographie des principaux acteurs qui interviennent. Nous en que concluons que des interactions d’acteurs extérieures agissent sur les acteurs locaux. Ces interactions permettent de construire des écosystèmes soutenus par des réseaux étrangers avec une spécificité et des enjeux locaux.

  • Le recrutement au sein des SCOP : quelles spécificités, quels enjeux et quelles pratiques ?

Hervé CHARMETTANT, Jean-Yves JUBAN, Nathalie MAGNE
Université Grenoble 2, IUT Valence, Université Lyon 2
La question traitée dans la communication est celle des enjeux du recrutement pour les Scop. Nous avons mené une étude approfondie auprès d’une quarantaine de Scop et nous avons abordé plusieurs questions relatives au travail, à la gouvernance et au management. Sur le recrutement nous proposons d’étudier les pratiques des Scop au regard des attentes de court ou de long terme qui sont attachées à la sélection d’un candidat d’une part, et en confrontant la prise en compte, lors du recrutement, des projets économiques et socio-politiques que les Scop tentent de mener conjointement d’autre part.

  • L’impact de la construction identitaire, au sein des groupes projets inter-organisationnels, sur l’émergence d’une compétence collective territoriale.  Le cas d’un projet dans le domaine de la solidarité et de l’action sociale.

Frédérique CHEDOTEL, Sihem MAMMAR
IGR-IAE, Université Rennes 1, France
A partir de l’étude de cas d’un groupe de travail inter-organisationnel territorial, composé d’organisations de l’économie sociale et solidaire, ce papier a pour but d’analyser les facteurs explicatifs de la réussite de ces partenariats. Nous combinons les théories de la proximité, de l’identification sociale et de la compétence collective afin d’aborder la proposition selon laquelle l’identification inter-organisationnelle pourrait être source de compétence collective territoriale. Nous avons effectué une analyse comparative de deux projets portés par ce groupe qui nous a permis d’observer un lien entre le processus d’identification inter-organisationnelle et l’émergence de la compétence collective territoriale et puis d’identifier les éléments organisationnels favorables à ce processus. Ces premiers résultats nous permettent d’établir le cadre théorique pour de futures études comparatives

  • Association-Entreprise : la double identité de la Croix Rouge française en question

Monique COMBES-JORET, Laëtitia LETHIELLEUX
Université de  Reims, Champagne-Ardennes (URCA), France
La Croix-Rouge française s’est engagée, depuis 2005, dans de profonds changements qui suscitent d’importants questionnements sur l’identité même de l’organisation et sa mutation en une « association-entreprise ». A partir d’une étude de cas réalisée dans le cadre d’un contrat de recherche de trois ans (2010-2013), notre objectif est d’analyser la façon dont les membres construisent socialement la nouvelle identité de la CRF et la stratégie de changement utilisée. Nous montrons qu’il est possible de changer d’identité organisationnelle sans crise.

  • Les Karellis, une station de ski comme les autres ? Permanence et visibilité des valeurs du tourisme social et durable

Claire EDEY-GAMASSOU
Université Paris-Est, IRG, France
L’étude de cas proposée est le résultat du travail de stagiaires de la LP MOSA[1] qui, dans le cadre de leur formation continue au sein du département GEA à Fontainebleau de l’IUT Sud Seine et Marne, ont collecté des données au sein de la station de ski Les Karellis durant une semaine en janvier 2012. Ce projet était encadré par les membres de l’équipe pédagogique, Mmes Edey Gamassou, Oulahbib et MM. Bouglet, Hasquenoph, Lorentz.
Les Karellis est une station de ski associative et coopérative, créée dans les années 70 dans la vallée de Maurienne  dans la commune de Montricher-Albanne, dont le conseil municipal a été convaincu par le programme de « développement harmonisé » présenté par le fondateur de l’association Renouveau, Pierre Lainé.  En 2003, l’association a procédé, dans le cadre d’une Délégation de Service Public, à une subdélégation, d’une partie de ses compétences à une autre association loi 1901, le Conseil Supérieur des Karellis (CSK), composé de trois collèges  représentants la commune, le concessionnaire et cinq associations partenaires. Cet organe fédérateur est chargé de la promotion et de l’animation du site, gère les services non commerciaux.
Depuis son origine, les valeurs affichées de la station relève du tourisme social et se déclinent suivant trois axes : promouvoir les vacances à la montagne pour le plus grand nombre   et répondre aux besoins de séjour de vacances pour des familles aux revenus modestes ; donner de bonnes conditions de travail aux employés du tourisme ; contribuer au développement économique et social du territoire  en favorisant un développement équilibré et durable du territoire.  Afin de confronter ces objectifs d’origine aux perceptions actuelles des acteurs et bénéficiaires de cette organisation des données primaires ont été collectés auprès de différentes sources (responsables de structures gestionnaires du site, salariés, clients).

  • L’hybridation des leviers de régulation en contexte de conflit : une application aux organisations sociales et médico-sociales

Adama  NDIAYE
IAE Tours, France
Cet article porte sur l’hybridation des leviers de régulation lors du pilotage des conflits interpersonnels au sein des organisations sociales et médico-sociales. Dans cette optique, nous mettons en évidence l’approche processuelle d’un conflit interpersonnel à travers sa genèse, sa maturation et son pilotage. Pour cela, nous mobilisons une méthodologie qualitative centrée trois études de cas : les Restos du cœur, la Reposance et l’institut médico-éducatif Malécot. Nous mettons en évidence deux niveaux de résultats. D’une part, nous montrons les leviers de régulations utilisés lors du pilotage des conflits interpersonnels. D’autre part, nous mettons en évidence l’hybridation des leviers de régulation à travers la médiatisation des dispositifs organisationnels de support ou par l’instrumentation d’outils de gestion.

GESS 2013: Résumés des contributions "Performance"

Cette table ronde animée par Pascale Château-Terrisse et Bertrand Valiorgue a comporté huit communications, dont voici les résumés.

  •  L’entrepreneuriat social des étudiants, l’exemple d’ENACTUS France

Laurice ALEXANDRE-LECLAIR
Université Paris-Descartes, France
Cet article a pour objectif de discuter des compétences entrepreneuriales des étudiants dans le cadre du programme ENACTUS qui accompagne les étudiants sur des projets d’entrepreneuriat social. D’après notre recherche, les compétences acquises ou à acquérir sont d’ordre personnel et professionnel. Les compétences personnelles détectées sont: le travail d’équipe, la créativité, développer son esprit critique, savoir prendre des risques, savoir développer et entretenir son réseau, faire preuve de persévérance ou encore développer le goût du challenge. Quant aux compétences professionnelles : manager une équipe, planifier un projet, nouer des partenariats, évaluer un projet et mesurer ses impacts, apprendre à entreprendre.

  • Comment se déroule l’action des entreprises sociales et solidaires ? Quelles modalités d’action collective ?

Thibault CUENOUD
France Business School, Campus de Poitiers, France
Les acteurs de l’ESS se sont historiquement développés en réseau afin de partager et de mutualiser leurs pratiques. Ces différents processus d’action collective leurs ont permis d’impulser des dynamiques pour répondre aux défis sociétaux du moment. La création des CRESS reflète en quelque sorte les enjeux sociétaux contemporains de l’ESS, d’une dynamique localisée et spécifique vers un besoin de mutualisation et de représentation dans son ensemble. Nous assistons de nouveau à une évolution de la configuration de ces instances, notamment avec la loi cadre de l’ESS. Indéniablement, de nouvelles façons d’envisager le rôle sociétal de chacun va se poser, orientant vers un besoin d’innovation sociale pour y répondre favorablement.

  • Les obstacles à la Reprise d’Entreprise en SCOP (RES) : le cas d’Intercop

Guillaume DELALIEUX, Maud GREGOIRE
Sciences Po Lille, France
Cet article propose de faire ressortir les principaux obstacles qui se sont dressés face au projet de Reprise en Scop (RES) par les salariés après un dépôt de bilan en utilisant la méthode de l’étude de cas. Dans le cas d'Intercoop ici présenté, ces obstacles se sont révélés être de 3 types : informationnels, dynamique de groupe, financiers. La RES reste encore assez méconnue en particulier des salariés, mais aussi de la part de certains administrateurs judiciaires. Ce déficit d'information ralentit le démarrage de ce type de projet et de ce fait la qualité des conditions dans lesquelles le projet peut se réaliser. La dynamique de groupe de type entrepreneuriale nécessaire au montage d'un projet de RES semble peu compatible avec les habitudes et routines que les salariés ont pu développer dans des organisations de type entreprises privées où priment l'obéissance à la hiérarchie et une division du travail poussée. Enfin, en matière d'accès au financement, le fait que le soutien financier aux RES par les banques de l'ESS soit conditionné à un accord préalable des banques traditionnelles, dont émane une forme de méfiance à l'égard de cette solution alternative. 

  • L’éthique mutualiste est-elle soluble dans le New Public Management ?

Florent GIORDANO, Joan LE GOFF, Denis MALHERBE
IAE Tours, Université François Rabelais, France Business School, France.
Cette recherche s’intéresse à la diffusion du discours du New Public Management (NPM) vers des acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) qui disposent d’une identité historiquement affirmée, les mutuelles. Il s’agit de comprendre comment les valeurs du NPM se sont diffusées dans la sphère mutualiste, à quel degré et avec quelle incidence. Pour tenter de répondre à cette question, une étude de cas longitudinale a été conduite, focalisée sur l’analyse du discours au cœur d’une unité régionale de la mutualité. Les résultats montrent à la fois une pénétration du NPM et une instrumentalisation de l’ESS.

  • Changement et critique interne aux organisations

Stéphane JAUMIER
Grenoble Ecole de Management, France
La littérature consacrée à la démocratie organisationnelle est marquée par la théorie de la dégénérescence, à savoir la difficulté pour les organisations démocratiques de maintenir sur la durée leurs caractéristiques égalitaires. Dans cette optique, l’étude des coopératives a notamment révélé comment des formes de pouvoir tendent à s’y recréer, parfois plus nocives encore que dans les entreprises classiques, dans la mesure où elles sont cette fois affranchies des formes de médiation propres à ces dernières. A contre-courant de ce constat, la présente étude cherche à travers un travail ethnographique mené au sein d’une SCOP à mettre en évidence les formes de résistance quotidiennes déployées par les coopérateurs afin d’éviter que se constituent des formes de domination menaçant le fonctionnement démocratique de l’organisation. Quatre formes de résistance sont en particulier mises en évidence par l’étude : une exigence de transparence permanente, la dévalorisation des fonctions-clefs de l’organisation, le cynisme vis-à-vis des instances de gouvernance, et enfin la mise à distance des outils de gestion.

  • La SCOP et la notion de performance globale : Etude du cas MATELOC

Christophe MAUREL, François PANTIN
Université du Mans, France Business School, campus de Tours, France
Cette recherche a pour objet d’approfondir le concept de performance globale, dans le contexte des SCOP, afin de mettre en évidence le caractère spécifique ou non de la notion de performance pour une structure coopérative. Dans cette optique, il s’agira d’observer et d’identifier les pratiques et outils de gestion - spécifiques ou non - dédiés à ce type particulier d’entreprises du champ de l’Economie Sociale et Solidaire, par l’intermédiaire de la méthode des cas. En l’occurrence, la société coopérative MATELOC, prestataire de service pour les entreprises du Bâtiment, des Travaux Publics et de l'Industrie - domaine d’activité statistiquement prépondérant pour les SCOP - servira de socle à notre étude. Au travers de ce cas exemplaire, nous montrons que la performance globale n’est pas totalement intégrée puisque les dimensions économique et sociale sont pilotées ensemble, mais la dimension environnementale vient ponctuellement en complément.

  • Performance des entreprises à vocation sociale : représentations et pilotage par les comptes de surplus de productivité

Romaric NKOK, Daniel LEROY
IAE de Tours, Université François Rabelais, Tours, France
Depuis une vingtaine d’années, l’entrepreneuriat social fait l’objet d’un véritable engouement qui découle de son caractère novateur dans le traitement de problèmes sociaux de plus en plus complexes. En se servant de la notion d’entreprise économique à vocation sociale pour appréhender la complexité de ce phénomène, nous voulons caractériser les organisations d’entreprises sociales comme système dynamique non linéaire soumis à une tension perpétuelle entre l’économique et le social. En mobilisant l’approche des comptes de surplus, nous voulons dépasser les logiques traditionnelles de réductions de coûts pour aller vers une analyse socio-économique de la performance des organisations mis en place par les entrepreneurs sociaux

  • L’articulation de la tension générique - spécifique dans la mise en place d’un dispositif de gestion des compétences au sein d’un réseau territorial d’organisations

Julien MAISONASSE
Université Aix-Marseille, France
Traditionnellement, les organisations de l’économie sociale et solidaire s’appuyaient sur des logiques sectorielles et/ou de fédérations pour les accompagner dans la mise en place de nouveaux dispositifs de gestion. Désormais, nous pouvons observer l’émergence de logique territoriale à travers le développement, encouragé par les pouvoirs publics, de réseaux territoriaux d’organisations. Le Pôle Services à la Personne est un réseau de ce type présent en région Provence-Alpes-Côte d’Azur et regroupant des structures du secteur des services à la personne. Il accompagne ses membres dans la mise en place d’une gestion des compétences à travers le dispositif « Ateliers d la compétence ». L’objet de cette communication est d’analyser la manière dont il articule la tension générique – spécifique dans la mise en place d’un dispositif de gestion des compétences. Nous appuyons notre analyse sur le cadre théorique de l’Économie de la Proximité.

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