G.E.S.S. en Vidéo

La journée Gestion des Entreprises Sociale et Solidaire (GESS) 2015 s'est tenue à l'université Paris Est Marne-La-Vallée le 7 décembre 2015. Cette édition qui est portée par l'Institut de Recherche en Gestion et le PICRI PAP SCIC a eu pour thème "La Gestion des tensions dans les entreprises sociales et solidaire". L'introduction de cette journée a été filmée par le Campus Numérique de l'Université Paris Est Marne La Vallée.

 

Introduction de la journée GESS du 7 décembre 2015.

GESS 2015 : Résumé des communications de l'atelier "Concilier finalités sociales et pratiques de gestion"

L’intérim peut-il être social ? Le cas d’une entreprise de travail temporaire d’insertion

Philippe SEMENOWICZ

Doctorant, Université Paris-Est, ERUDITE, UPEMLV

Composantes de l’insertion par l’activité économique, les entreprises de travail temporaire d’insertion (ETTI) se présentent comme un « intérim social ». Elles visent à utiliser le travail temporaire comme un instrument au service des personnes en insertion, afin de développer leur employabilité. Leur financement provenant principalement de la facturation des mises à disposition, les ETTI restent néanmoins soumises à un impératif de satisfaction des entreprises utilisatrices. Les tensions qui en découlent ne peuvent être alors gérées qu’au prix de compromis avec ces dernières.

 

La téléassistance : une conception de travail différente et similaire entre les secteurs privé et associatif.

Lacoste Privat Gwenaëlle

Université de Montpellier

Cette contribution s’attache à comprendre comment les différents acteurs d’un même secteur, ici la téléassistance peuvent se coordonner par le biais du SI au travers de la mise en place de compromis. Nous nous attachons à la compréhension des mécanismes de conflits du SI au sein de ce secteur afin de mieux percevoir qu’elles sont les compromis qui peuvent permettent l’établissement d’une coordination efficace.

 

Les tensions paradoxales dans le choix et l’usage des outils de gestion. Présentation d’un cas d’étude.

Mariagrazia Crocco

ATER, EA 4671 ADEF, ÉSPÉ, Aix-Marseille Université

Dans cette contribution, il s’agira de questionner deux types de tensions paradoxales liées aux outils de gestion au sein des entreprises sociales et solidaires : l’hybridation des ressources économiques et la politique RH. Ces axes sont analysés à partir d’une étude de cas. Il s’agira de mettre en exergue comment, au quotidien, se déclinent ces tensions concernant des outils qui cadrent le travail et son organisation dans une entreprise du secteur de l’Insertion par l’activité économique (IAE). Le choix monographique est lié à un travail de recherche réalisé dans le cadre d’une « convention industrielle de formation par la recherche » (CIFRE).

GESS 2015 : Résumé des communications de l'atelier "Tensions et stratégie"

Peut-on manager les tensions paradoxales temporelles du projet associatif ?

Marie-Laure LE BERRIGAUD,

Doctorante,Laboratoire d’Economie d’Orléans (UMR 7322), Université Orléans.

« L’association est indissociable d’un projet collectif déterminé par ses membres » (Laville, 2013). Que se passe-t-il lorsque le projet devient obsolète ? La présente communication s’attache d’abord à définir le projet associatif. Ce faisant, nous mettrons en évidence l’existence d’un paradoxe temporel à l’intérieur même du projet. Ensuite, en prenant appui sur une étude de cas longitudinale, nous ouvrons des pistes de réflexion quant à la manière dont ce paradoxe peut-être managé en fonction du niveau d’obsolescence du projet afin redonner du sens à l’organisation.

Les SCOP, quels comportements en matière de RSE face aux problématiques et doléances sociétales ?

François Pantin

Maître de Conférences HDR, Université du Maine, GAINS-ARGUMans

Christophe Maurel

Maître de Conférences, Université du Maine, GAINS-ARGUMans

Alors que leur environnement et leur réseau national les poussent à développer des démarches de responsabilité sociale (RSE), les sociétés coopératives et participatives (SCOP) peuvent adopter des pratiques personnalisées. En étudiant les démarches volontaires de quatre SCOP, nous montrons que les pratiques en matière de RSE s'insèrent dans un discours commun mais illustrent des modalités d'application diverses. La mise en évidence de tensions, entre discours et pratiques de RSE d’une part et entre l'absence de cadre des démarches RSE et la formalisation des pratiques d’autre part, permet en conclusion de tracer les traits caractéristiques du comportement RSE d'une SCOP.

Les tensions paradoxales au cœur des difficultés du processus de transmission d’une entreprise en scop : une étude de cas caractéristique.

Thierry Jolivet

Professeur des universités, Université du Maine (IUT), Laboratoire de recherche GAINS-Argumans.

Marie-Christine Barbot-Grizzo

Maître de Conférences, Université du Maine, Laboratoire de recherche GAINS-Argumans.

La transmission des entreprises en SCOP est un enjeu réel pour le secteur de l’économie sociale et solidaire. En analysant un cas en cours de transmission à l’aide du concept de « tensions paradoxales », nous montrons que les comportements des acteurs sont à l’origine d’un nœud de tensions que le passage en SCOP a révélé et qui bloque le processus de transmission. En nous appuyant sur le modèle développé par Smith et Lewis (2011), les conditions d’un dépassement des paradoxes de la situation permettant d’envisager une gestion positive des tensions mises en évidence sont examinées.

Trajectoire des modèles d’affaires de l’ESS et management des paradoxes

Sonia ADAM-LEDUNOIS

Université de Rouen – IAE de Rouen – NIMEC (EA969)

Emilie CANET

Université Paris Dauphine - DRM / M-Lab (UMR CNRS 7088)

Sébastien DAMART

Université Paris Dauphine - DRM / M-Lab (UMR CNRS 7088)

Les organisations dans le champ de l’innovation sociale se caractérisent par des dilemmes et contradictions. Leurs business model (BM) sont spécifiques : ils résultent de compromis parfois difficiles à soutenir et sont construits sur des situations paradoxales. Nous faisons l’hypothèse que l’évolution du business model est en partie le résultat de paradoxes et conflits entre l’utilité sociale et la performance économique auxquels l’entrepreneur doit faire face. Nous utilisons le concept de stress éthique et de paradoxe organisationnel pour analyser un cas : la trajectoire d’une entreprise qui ne se situait pas initialement dans le champ de l’ESS. Face à certaines tensions entre la nature de son activité, les valeurs de l’entrepreneur et le BM initial, l’entreprise a progressivement basculé vers le champ de l’ESS. Nous analysons cette trajectoire et proposons une manière de l’expliquer à partir des situations paradoxales qui provoquent des ruptures successives dans le BM.

GESS 2015 : Résumé des communications de l'atelier "Acteurs pluriels sur les territoires"

Les acteurs associatifs à l’épreuve des exigences partenariales des entreprises. Le cas de la collaboration PIMMS (Point Information Médiation Multi Services) – Entreprise.

Christophe Sanchez

Université Paris Est Créteil

Cet article explore les tensions émergentes des partenariats entre associations et entreprises. Il montre qu’elles peuvent donner lieu à des modes de gestion différents : l’acceptation, le compromis ou l’intégration. Cette dernière s’avère être celle qui permet de renforcer le partenariat sans pour autant dévoyer la mission sociale des associations. Enfin, l’article isole des éléments clés favorables à la logique d’intégration parmi lesquels la gouvernance du partenariat, le respect des logiques de chacun et la nature quasi-publique des entreprises.

Le processus d’intelligence collective au sein d’un PTCE

Podlewski Thomas

Doctorant sociologue CNAM Paris (Laboratoire LISE)

Le concept de pôle territorial de coopération économique (PTCE) a été légalement défini en juillet 2014 sous l’article 9 de la loi de l’économie sociale et solidaire. Il propose de nouvelles formes de coopération et de gouvernance pour entreprendre autrement. A travers cette communication, qui repose sur une recherche action que nous menons depuis plus de deux années au sein du PTCE « Le Périscope » dans le Sud-Est Toulousain, complété avec douze études de cas de pôles témoins nationaux, nous dégagerons empiriquement une ébauche de  conceptualisation, afin de cerner les conditions qui favorisent l’émergence d’une intelligence collective propice aux innovations sociales. Nous examinerons en quoi les tensions économiques au cœur de ces organisations peuvent fragiliser un processus participatif et démocratique axé sur un projet collectif territorial. Afin de consolider cette forme organisationnelle, nous déterminerons par des premières hypothèses de travail comment favoriser la logique d’action cohérente avec la logique de pensée, afin d’éviter un isomorphisme institutionnel.

Territoires et Finance Participative, quels enjeux pour le développement du tissu économique local ?

Thibault Cuénoud

Enseignant Chercheur

ESCEM Orleans Tours Poitiers (Business School in France)

CRIEF (research laboratory at Economics Faculty, University of Poitiers, France)

La finance participative, crowdfunding en anglais, est un mouvement récent et en plein essor en France. De nombreuses plateformes ont pu voir le jour depuis 3 à 5 ans afin de répondre aux difficultés de financement de projets innovants. Certains ont pu se spécialiser dans le don contre don, dans la monté en capital mais aussi dans le prêt participatif. D’autres plateformes ont pu se centrer autour de thématiques comme la culture, les énergies renouvelables, la création d’entreprise… Ces nouveaux acteurs interpellent les dispositifs existant dans l’aide à la création, développement et reprise d’entreprises sur nos territoires. Ce travail cherche à comprendre les enjeux induits par cette finance participative dans la constitution de « communauté », d’abord numérique, mais aujourd’hui géographique. Comment les territoires cherchent-ils à capitaliser ces dynamiques dans une démarche de captation de ces communautés autour d’une volonté de développement économique territorialisé ? A travers une démarche centrée sur les acteurs de l’Economie Sociale et Solidaire qui, historiquement, se sont organisés localement pour répondre à la diversité des enjeux des territoires, nous tenterons de comprendre l’intérêt d’une communauté localisée et participative pour des espaces géographiques limités.

GESS 2015 : Résumé des communications de l'atelier "Contradictions dans les systèmes de valeurs"

Les tensions liées aux différences de légitimité entre acteurs dans les organismes de l’ESS

Thierry Brugvin

Sociologue

LIPHA/Paris Est

Quelle est la hiérarchie des légitimités favorisant le plus la démocratie dans les différents types d’unités de production entre la propriété privée/publique et individuelle/collective ? Ces différentes légitimités parfois en conflit découlent des valeurs, des principes et des droits démocratiques à l’égalité, à la liberté, à la propriété, du droit de la majorité (sur la minorité) et du droit de représenter l’intérêt général par les élus du peuple souverain.

Valeurs et performance des coopératives sous forme de SCOP, le cas des cabinets de conseil

 Toufik LAHLOU

 Doctorant en Sciences de Gestion

 CEDAG/ Sorbonne Paris Cité/ Université Paris Descartes

 Laurice ALEXANDRE

Maître de Conférences HDR

CEDAG Sorbonne Paris Cité

Université Paris Descartes.

Les SCOPs (Sociétés Coopératives et Participatives sont des entreprises appartenant à l’économie sociale et solidaire (ESS). Les SCOPs se développent de plus en plus dans les secteurs du conseil en entreprise. Il existe peu de travaux portant sur l’influence des valeurs véhiculées par les SCOPs et plus particulièrement par les cabinets de conseil sous forme de SCOP sur leurs performances. A cet égard, nous nous sommes posé la question suivante : Comment les valeurs véhiculées par les cabinets de conseil sous forme de SCOP influencent leurs performances. Pour répondre à cette problématique, nous avons mené une étude qualitative auprès des différents acteurs (cabinets de conseils et clients). Les résultats démontrent que ces cabinets développent des pratiques similaires aux cabinets « classiques ». En outre, nous n’avons pu démontrer un lien direct entre les valeurs véhiculées par ces cabinets et leurs performances.

Tension entre exigences de la RSE et objectifs de compétitivité. Le cas des TPE d’un contexte difficile en république démocratique du Congo.

José NGIDJIMA LOLEKE

Doctorant

  CREOP, EA-4332, université de limoges

La communication s’interroge sur l’intérêt pour les très petites entreprises d’un contexte environnemental difficile de s’impliquer, aux exigences de RSE et à l’ESS, au regard de leur objectif de compétitivité sur le marché concurrentiel. Ce questionnement s’applique aux TPE artisanales des diamants du Kasaï en RD Congo, réputées pour leurs effets dévastateurs sur les plans social, environnemental et économique. L’analyse montre, que les TPE qui hésitent encore de s’impliquer dans cette démarche, considèrent que les exigences de la RSE sont génératrices de coûts supplémentaires par rapport à leurs coûts de revient et ne permettent pas de faire face à la concurrence, le prix du diamant étant fixé par l’acheteur ou les marchés extérieurs. Alors que dans un coté opposé, les TPEA déjà engagées dans la démarche RSE et de certification, en font un facteur de différenciation fort, de l’avantage concurrentiel et de compétitivité.

 

Programme GESS 2015

La journée Gestion des Entreprises Sociale et Solidaire (GESS) 2015 s'est tenue à l'université Paris Est Marne-La-Vallée le 7 décembre 2015.

Cette édition qui est portée par l'Institut de Recherche en Gestion et le PICRI PAP SCIC a eu pour thème "La Gestion des tensions dans les entreprises sociales et solidaire".

La journée a débuté par un retour d'expérience de la SCIC Altermondes, l'un des terrains du PICRI, un retour sur l'Agora des SCIC par son organisateur Jean Huet.

La journée a été articulée autour de quatre ateliers:

  • Contradictions dans les systèmes de valeurs.
  • Acteurs pluriels sur les territoires.
  • Tensions et Stratégies.
  • Concilier finalités sociales et pratiques de gestion.

Pour en savoir plus sur le contenu des ateliers, se référer au programme.

Publications suite au colloque GESS 2013

A la suite de la journée GESS 2013, les chercheurs le souhaitant et dont les communications ont été selectionnées après cette journée, ont pu valoriser leur recherche à travers la publication de leurs travaux dans deux numéros spéciaux de la "Revue française de gestion" portant sur la "Gestion des entreprises sociales et solidaires. Quels dispositifs de gestion pour les entreprises sociales et solidaires ? La recherche éclairée par la méthode des cas" dont Amina Bécheur et Pénélope Codello ont été les rédactrices invitées.

Le numéro 246 de la Revue Française de Gestion paru en janvier 2015 porte sur les outils de gestions des entreprises sociales et solidaires, alors que le numéro 247 paru en mars 2015 porte sur la performance et l'hybridité des organisations sociales et solidaires.

2ème Journée de Recherche GESS

Suite à la première édition de la journée de recherche GESS (Gestion des Entreprises Sociales et Solidaires) organisée en décembre 2013 par l’Université Paris-Est – IRG (Institut de Recherche en Gestion), une 2e journée d’étude a été organisée à Clermont-Ferrand les 15 et 16 décembre 2014 à Université d’Auvergne par le CRCGM (Centre de Recherche Clermontois en Gestion et Management).

Les travaux présentés durant les journées GESS 2014 ont pour but d’enrichir les connaissances sur le fonctionnement des entreprises de l’ESS. Les propositions de contribution ont abordé de nombreux thèmes qui traversent les différentes disciplines des sciences de gestion (stratégie, gestion des ressources humaines, marketing, comptabilité, contrôle de gestion, finance, communication) ainsi que des travaux de chercheurs en sciences économiques, sciences de l'information ou philosophie, etc.Ces journées ont été l’occasion d’accueillir, dans un esprit pluridisciplinaire, des travaux de recherche centrés sur les entreprises opérant dans le champs de l’économie social et solidaire.
Si la journée a accueilli toutes les contributions dans un esprit pluridisciplinaire un éclairage particulier a été fait sur le thème du travail dans les entreprises de l'ESS.

GESS 2013 : Résumé des communications "Autour des outils"

"Autour des outils" est la table rondu qui s'est tenue l'après midi du 12 décembre 2013. Animée par Amina Bécheur et Pénélope Codello elle a porté sur la présentation et la  discussion de six papiers.

  • Etude du Cas MODETIC

Gildas BARBOT
IUT Valence, France
Cette étude de cas s'intéresse à Modetic, une petite entreprise de commerce textile qui entend promouvoir la consommation responsable de vêtements. Elle illustre de quelle façon, un entrepreneur social de la génération Y se réapproprie les valeurs de l'économie sociale et solidaire (ESS) tout en exploitant le potentiel des nouveaux média numériques. L'étude semble mettre en évidence que ces médias sociaux sont non seulement efficaces sur la plan marketing mais pertinents au regard des valeurs de partage de l'ESS.

  • Outils de gestion, innovation sociale et tensions : Le cas de la politique d’achat d’une coopérative de solidarité en environnement

Marie J.Marie J. BOUCHARD, Valérie MICHAUD
Université du Québec à Montréal, Québec
L’analyse d’un outil de gestion au sein d’une organisation innovante révèle comment celui-ci articule de manière fonctionnelle, structurelle et processuelle les tensions que l’innovation sociale engendre. Plus spécifiquement, objet-frontière vecteur de médiation entre parties prenantes et objectifs multiples, une politique d’achat devient progressivement frontière, en elle-même, entre l’organisation et son environnement, tout en fournissant le code qui donne accès à son marché, à ses clients – en somme au marché qu’elle représente et constitue.

  • Concevoir des dispositifs de gestion propres aux entreprises démocratiques : différenciation et intégration dans une entreprise de services professionnels autogestionnaire

Sébastien GAND
Mines ParisTech, France
De nombreuses entreprises sociales et solidaires revendiquent un fonctionnement démocratique à travers leurs statuts. Une problématique spécifique aux entreprises démocratiques est la tension qui existe entre l'identité formelle des membres et la nécessité de différencier les rôles et les compétences dans le cadre de l'activité professionnelle. Il s'agit en conséquence d'organiser la gouvernance cognitive de ce type d'organisations afin que l'aspect démocratique ait bien une existence autre que formelle. Nous nous appuyons sur le cas d'une entreprise de services professionnels autogestionnaire de plusieurs centaines de membres pour montrer comment des dispositifs de gestion peuvent prendre en compte le double objectif de compétitivité et de démocratie qui animent ces projets d'entreprises. Ainsi la gouvernance cognitive spécifique des entreprises démocratiques ne peut pas uniquement reposer sur un cadre légal ou sur l'engagement de membres, mais nécessite de s'appuyer sur une infrastructure gestionnaire prenant corps dans le pilotage de l'activité.

  • Les outils de gestion de l’innovation sociale : cas de la SCIC Alter-Conso

Marion MAIGNAN
Université Paris-Est
Cette contribution vise à étudier la manière donc les outils de gestion utilisés par les SCIC, caractérisées comme innovations sociales, mettent en évidence la performativité de modèles alternatifs en sciences de gestion. Elle s’intéresse plus particulièrement à la question de la formation du prix au sein d’une filière courte intégrée telle que la SCIC Alter-Conso. Elle montre que la SCIC  articule les contraintes de l’environnement marchand de la SCIC à une exigence de justice et de solidarité dans la définition des prix. Elle suggère alors que les acteurs des SCIC peuvent être identifiés comme des « groupes concernés » (Callon), porteurs d’innovations visant à contourner la définition classique du marché et le cadrage dominant de l’homo oeconomicus.

  • L’appropriation d’un outil de gestion issu du privé par des militants d’une organisation de l’ESS. Le cas de la boucle téléphonique au sein de la MAIF.

Bérangère SZOSTAK, Hubert SERAN, Saïd YAHIAOUI,  Emilie LANCIANO,
COACTIS, Université Lyon 2, France
Cet article s’intéresse à la manière de comprendre l’appropriation d’un outil de gestion dans un contexte où plusieurs logiques institutionnelles co-existent, en se focalisant sur les micro-fondations de la littérature néoinstitutionnaliste (Powell et Colyvas, 2008 ; Château Terrisse, 2012). Le champ de l’ESS met en scène deux logiques : la financière et la sociale. Elles sont en tension forte dans le cas des mutuelles, qui se dotent d’outils de gestion pour leur permettre d’être toujours plus concurrentielles face aux assurances, mais en respectant les valeurs de l’ESS. Notre hypothèse consiste à dire que les acteurs à l’origine de cet outil réalisent un travail de justification pour le rendre légitime ; ils cherchent à le rendre compatible avec les valeurs qui guident leur action et s’appuient sur les différentes logiques présentes dans le champ. Ce processus de légitimation est partie intégrante du processus d’appropriation.
Dans la lignée des travaux de Bédé et al. (2012) ou de Grimand (2012), la première partie dresse le cadrage théorique de l’appropriation d’un outil de gestion par le prisme des théories néoinstitutionnalistes. Nous mettons en avant les trois dimensions principalement retenues dans la définition de la légitimité (Suchman, 1995), à savoir les légitimités pragmatique, morale et cognitive.
L’étude de cas est analysée avec des outils qualitatifs. Il s’agit de l’appropriation d’un outil de gestion appelée « boucle téléphonique » au sein de la Mutuelle MAIF. L’originalité de ce cas est double : (i) cet outil de gestion est issu du secteur du privé, et (ii) l’appropriation est étudiée pour la population des militants dont la nature même du contrat les liant à la MAIF est différente de celui d’un salarié. Plusieurs résultats de la recherche sont discutés en lien avec les trois dimensions de la légitimité. Par exemple, nous constatons que l’outil est perçu par les militants comme un moyen pour réinvestir leur fonction dans l’organisation. Mais, la boucle n’est pas perçue par les militants comme un outil à leur usage exclusif ; elle fait partie d’un système d’acteurs dans lequel les salariés et les militants sont les principales parties prenantes (en dehors du sociétaire). En outre, le risque perçu est d’abord celui d’une dépersonnalisation des relations avec les sociétaires et/ou les salariés, et d’une dé-territorialisation de l’activité militante. L’outil de gestion a également impacté les relations entre le politique (la structure militante) et le technique (la structure salariée). En effet, les salariés ont désormais un rôle consistant à bien orienter les sociétaires vers le militant, ce qui transforme une facette de la mission du salarié, mais surtout la relation salarié – militant. Un autre résultat souligne que, d’un outil du privé pour n’atteindre qu’une meilleure performance et du profit, la boucle apparait comme respectueuse des valeurs de l’ESS et de la pluralité des parties-prenantes (sociétaires, salariés et militants). Si la dimension fonctionnelle de l’outil n’a pas évolué en soi, la philosophie et la vision qui y ont été associées ont transformé la perception de la boucle pour la rendre alors légitime dans cette organisation

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